Conférence de la Présidente de l'association, Isabelle Crouïgneau-Vicaire

Des Amis du vieux Saint-Germain aux Amis de Fès,

 Marcel Vicaire, artiste peintre et administrateur au Maroc.

 

Marcel Vicaire (1893-1976) était Saint-germanois de cœur puisque ses grands-parents maternels y habitaient depuis 1832. C’est à St Germain qu’il s’installe à son retour du Maroc en 1958. Les liens étroits entre ce Français de Fès et l’association des Amis du vieux Saint-Germain ont contribué à son œuvre au Maroc. Sa jeunesse a forgé son idéal intime en exaltant sa vocation d'artiste, pour se mettre au service du beau : tisser des liens et favoriser la mise en valeur les qualités humaines.

 

Marcel Vicaire vit son enfance au sein d’un monde littéraire et artistique. Son père, Georges Vicaire érudit bibliophile et bibliographe, auteur de cette encyclopédie  colossale : « Le Manuel de l’Amateur de livres du XIX siècle », avait passé  sa jeunesse avec  son cousin Gabriel, parmi les artistes et les poètes, et en particulier Verlaine. Jeanne Vicaire, sa mère, née à Saint-Germain, aime accueillir à Paris tous les artistes que son mari côtoie dans les « Salons ». A 5 ans, un problème de santé oblige Marcel Vicaire à rester alité : il en gardera une boiterie et paradoxalement n’en sera que plus mobile et curieux du monde.

 

En 1914, Vicaire entre aux Beaux-arts et à l’Académie Julian. En aout 1914 la guerre éclate, réformé à cause de son handicap désirant se rendre utile à son pays il se propose comme infirmier, puis s’engage dans les services météorologiques en 1915. En 1918, il reprend ses études et expose à Paris. Un prix des Beaux-Arts  lui permet de partir en 1921 au Maroc. Il en revient enthousiasmé car, dit-il « il avait été si bien accueilli par de nombreux amis français et marocains et le folklore, l'histoire, les mœurs, les coutumes, les sites et les monuments l'avaient tant séduit ».   Il rapporte  un carnet de croquis qu’il publie[1]. En 1923, un prix de la compagnie Paquet lui permet de retourner au Maroc, à Fès dans les ateliers d’artistes créés par le Maréchal Lyautey.

 

Admirateur  dès son enfance, de Robert Houdin, grand maître de la prestidigitation, Vicaire donne des séances appréciées tant dans les ventes de charité de sa mère que plus tard pour le plaisir de ses hôtes. Il photographie sur plaques de verre, les premiers meetings d’aviation, son séjour à Berck, et à Chantilly les premières heures de la guerre de 14. Ces photographies  historiques ont été présentées par Madame Garnier-Pelle conservateur général du Patrimoine chargée du musée Condé,  à Chantilly en 2008.

 

 Immobilisé par sa maladie, il apprend l’anatomie et s’exerce à la sculpture au dessin et la peinture. Il est avide de lectures, car, dit-il « un artiste doit être philosophe, savoir apprécier les choses à leur juste valeur, les analyser à fond, penser, chercher toujours de nouveau ; pour cela il faut lire beaucoup»[2].

Au Maroc, il peint et photographie des scènes de vie et des paysages. Ces œuvres, outre leur caractère artistique, présentent un intérêt historique et ethnographique. En juin 1925, il obtient une médaille d'argent au Salon des Artistes français. Il participe à de nombreuses expositions avec des toiles et aussi des sculptures et aquarelles.

On lui doit l’illustration du : Miracle de Saint Nicolas et Kéris de Gabriel Vicaire et le tome XIII de l’« Histoire de la Nation française » et l’ « Histoire du Maroc » de l’académicien Gabriel Hanotaux. Pour le Syndicat d’Initiatives de Fès Vicaire réalise le dessin de la table d’orientation qui décrit le splendide panorama vu de l’hôtel des Mérinides et l’affiche «Venez visiter Fez la mystérieuse ». En 1923, il fonde l’association des « Peintres et Sculpteurs français du Maroc » avec Bouchaud, Majorelle, de la Nézière, Pinatel, Suréda.

 

Mais il a aussi l’œil et l’oreille à tout : Il découvre des jeunes dont il pressent le talent prêt à éclore et tous dans la médina le connaissent et savent l’intérêt qu’il porte aux artisans ; nous  retiendrons deux anecdotes parmi celles qui en témoignent :

 

  • Un jeune garçon particulièrement habile avait réalisé de ses mains une reproduction superbe d’un pistolet. Son maître d’école justement apeuré prévient les autorités. L’enfant et son chef d’œuvre sont présentés à Vicaire qui convainc les parents d’orienter l’enfant vers une activité de sculpteur sur bois et d’enlumineur. La sculpture sur bois était tombée en décadence depuis plusieurs siècles. Mohammed Kadiri s’est vu confier avec son frère Taiëb la rénovation de la chaire de la grande médersa Bou Inania.

 

  • En 1945 Marcel Vicaire découvre les dessins exposés dans la rue d’un jeune orphelin de 15 ans vendeur de journaux. Il y décèle immédiatement le talent d’un grand artiste. Il confie à son collaborateur Ahmed Sefrioui le jeune orphelin. Jilali Gharbaoui est alors envoyé à Paris pour des études de peinture aux Beaux-Arts : Il sera le premier grand peintre marocain non figuratif.

 

L’art culinaire est aussi un de ses talents. Comme son père, Vicaire aime volontiers composer un repas et le préparer du début à la fin, dressant la table dans un ordonnancement parfait, avec les menus établis pour chaque convive. A Fès où n’existait pas de livre de cuisine, il décide de collecter avec des couples amis le plus possible de recettes fameuses afin de les publier mais il fut malheureusement dépassé par une de ses collaboratrices indélicate…

Ses  fonctions administratives.

 

 A Fès où Vicaire exerce les fonctions d’inspecteur des Arts indigènes, Lyautey reconnait son talent et sa passion et lui dit :

«puisque tu aimes tant ce pays et que tu t'entends si bien avec les Marocains je te garde si tu le veux […] tu y assumeras aussi les fonctions d’Inspecteur des Monuments Historiques. Tu seras mon œil ! »[3]

Vicaire se dévoue pleinement à l’œuvre de Lyautey dans ce pays qui l’enchante. Pour mieux connaître la langue du pays, il rend souvent visite à des amis Marocains qui ne parlent pas français  et s’inscrit simultanément dans deux niveaux différents de cours d’arabe.

 

L'œuvre immense de Lyautey en faveur des artisans et de la sauvegarde du patrimoine marocain est dictée par ce souci de respect et de connaissance des Marocains et de leur culture. En 1931, Sa Majesté le sultan Sidi Mohammed Ben Youssef rend hommage à ce « grand Français qui a su conserver au Maroc ses traditions ancestrales, ses mœurs et ses coutumes, tout en y introduisant cet esprit d’organisation moderne sans lequel aucun pays ne saurait survivre désormais ». [4]

Lyautey qui connaissait l’œuvre de Ricard[5] en Algérie, avait obtenu sa nomination au Maroc en 1915. Cet instituteur vosgien orientait les cours d’apprentissage de ses élèves vers les métiers d’artisanat. Vicaire attaché à tous les savoirs-faire des artisans marocains suit la ligne de son prédécesseur Ricard.

 

Au service de l’Inspection Régionale des arts indigènes à  Rabat, Vicaire est en charge de la conservation du Musée des Oudaïa et du contrôle des ateliers d'Etat. En 1924, il demande à être affecté à Fès et devient conservateur du Musée du Batha : il développe les collections, supervise la qualité des productions. Il organise des expositions artisanales au Maroc en France et à l'étranger.  En juin 1925, il écrit : « j'aurais sans doute la visite du sultan, en secret, la nuit, pour voir le lustre monumental que j'ai fait exécuter pour la mosquée de Paris. Le lustre de bronze mesure 3 m de haut et pèse 700 kg ». En effet, pour assurer la décoration intérieure du monument, c’est Vicaire qui choisit les artisans fassis. Rappelons que la ville de Paris  a offert le terrain  de la Mosquée en reconnaissance envers les musulmans qui ont combattu durant la première guerre. La grande Mosquée est édifiée grâce aux dons de la communauté musulmane. Vicaire soutient toutes les corporations d’artisans et réalise aussi un conservatoire de la musique andalouse au Palais Dar Adiyel.

 

En 1945 muté à Rabat et nommé chef du service des Arts et Métiers Marocains, il modernise le service et réforme les méthodes muséologiques. Son service participe à de nombreuses expositions en France et à l'étranger. Des liens étroits sont établis avec les Services des Arts tunisien et algérien. Vicaire explique son rôle :

«Sous l’égide de Prosper Ricard puis de ses successeurs, le service des arts marocains s’est employé à réaliser le programme établi, souvent avec des moyens limités, mais avec une foi profonde dans l’avenir de l’artisanat marocain et la conscience de l’œuvre sociale et artistique dont il avait la charge. »[6]

 

En 1956 outre l’organisation du service, Vicaire lance les projets de Musée des Beaux-Arts, d'une Ecole des Beaux-Arts et d'un Conservatoire de Musique et de Danse.

 

En 1957, il organise  l'exposition des Artistes marocains.  Dans la plaquette de présentation, il écrit :

« Cette exposition a pour but de mettre en valeur les œuvres les plus récentes, d’artistes marocains, dont plusieurs sont déjà connus d’amateurs d’art, de révéler de nouveaux talents et les diverses tendances de la jeune peinture marocaine, de développer un mouvement artistique naissant et enfin de provoquer des échanges d’idées sur les conceptions esthétiques. »[7]

 

Et en 1958 :

« Après avoir terminé son périple dans le pays, la première exposition des artistes marocains a remporté un légitime succès en Tunisie.  Elle est actuellement présentée au Musée des Beaux-Arts de San Francisco. N’est-ce pas le meilleur encouragement aux artistes qui y ont participé ? »[8]

L’un d’eux, l’artiste peintre et critique d’art Maurice Arama, auteur de fameux ouvrages sur Delacroix, se souvient des premières acquisitions officielles de ses œuvres lors de ces expositions.

 

La proximité et le profond respect pour les Marocains et leur culture, l’enthousiasme avec lequel il s’acquittait de ses fonctions  apparaissent pleinement dans cette page des « Souvenirs du Maroc » :

« Le musée du Batha a été une de mes plus grandes sources d'intérêt et de joie. J'ai éprouvé le bonheur de le développer, de l'enrichir, d'étudier ses collections, d'en dresser le catalogue sur fiche qui n'existait pas avant mon arrivée, d'y organiser des manifestations culturelles et folkloriques, des concerts et des expositions. J'y ai ressenti les satisfactions du collectionneur découvrant une curiosité, l'objet rare que l'on décèle par hasard au cours d'une promenade, celui que l'on recherche longtemps sans le trouver et qui tombe dans la main à l'improviste, celui que l'on sauve de la destruction. […] La trouvaille que je fis au cours d'un voyage d'études est sans doute la plus curieuse. Le capitaine Luizet avait insisté pour que nous entreprenions des fouilles à Fès-el-Bali, dans la vallée de l'Ouergha. Il nous conduisit sur place où les notables de la tribu, des cultivateurs et une équipe de prisonniers armés de pelles et de pioches nous attendaient. […] Un attroupement de curieux entoura aussitôt notre cercle et m'offrait l'occasion de questionner quelques spectateurs sur les découvertes réalisées en ce lieu. Une vieille femme attentive écoutait nos conversations et présenta après un peu d'hésitation, un vieux seau de métal, mais percé de nombreux trous et inutilisable. Ma surprise fut grande lorsque j'examinais ce seau de bronze de plus près. De forme élégante et orné d'un bandeau gravé d'inscriptions coufiques, d'animaux et de palmes stylisées, on pouvait le dater de la fin du Xème siècle. C'était l'objet de bronze le plus ancien d'époque musulmane connu au Maroc! Le capitaine Luizet partageait ma joie, les autochtones riaient à gorge déployée avec un sentiment de condescendance, cherchant ce que nous pouvions admirer dans un objet en si mauvais état. Les rires s'amplifièrent lorsque je demandais le prix, n'obtenant pas de réponse, j'en proposais un et me heurtais à un refus. Je ne pouvais me résoudre à laisser passer cette pièce exceptionnelle. Pressée de questions, la vieille femme faisant preuve d'une honnêteté scrupuleuse affirma qu'elle ne pouvait vendre un objet inutilisable ! Elle résistait toujours héroïquement, lorsque mon regard rencontra l'éventaire d'un souquier voisin. Un seau flambant neuf en tôle émaillée y reluisait au soleil; j'en fis l'acquisition, déposais dans le fond quelques billets et l'offrais en guise de troc, assurant que cette somme ne représentait pas la conclusion d'un marché, mais un acompte sur d'éventuelles découvertes de ce genre. Un large sourire exprima l'assentiment de la vieille femme ; son honneur était sauf. Elle pria Allah de m'accorder ses bénédictions, baisa mon épaule, ma main et se serait jetée à mes pieds si je ne l'avais retenue. Elle était satisfaite et moi l'homme le plus heureux du monde…»[9]

 

Vicaire, artiste polyvalent au service de l’artisanat marocain est aussi chargé de préserver et valoriser les Monuments Historiques sur le modèle de ce qui existe à Saint Germain. Il se consacre à la conservation et la  restauration des sites et monuments classés et à la protection esthétique des villes marocaines. Très documenté sur l'histoire du Maroc, il photographie, étudie les différents matériaux de construction, déchiffre inscriptions coufiques ou caractères cursifs andalous, choisit les artisans qui procéderont aux restaurations.

 

Vicaire se souvient de la fondation à laquelle il a pris part en 1923, juste avant son départ pour le Maroc : Les Amis du Vieux Saint-Germain, qu’il a quittés depuis neuf ans, lui seront très utiles à Fès. L’affaire de Bab Guissa en 1932 est l’histoire d’une splendide porte à laquelle est adjointe, à l’intérieur de la ville, une belle fontaine de mosaïques qu’il a sauvé de la destruction, en faisant appel au Général Gouraud. Mais il est tellement heurté par une telle désinvolture qu’il décide de tout faire pour que pareil vandalisme ne se reproduise pas. Il écrit à sa mère, en 1932 : 

« pourrais-tu me procurer les statuts de la Société des Amis du vieux Saint Germain, dont je voudrais m’inspirer pour fonder une société semblable à Fès afin de permettre une étude plus approfondie de l’histoire de la ville, encourager les fouilles, faciliter les acquisitions d’objets de collection pour le musée et essayer de défendre les quelques pierres qui restent debout. »

C’est après cette affaire, que Vicaire fonde avec Marocains et  Français  soucieux de préserver le patrimoine de la ville de Fès, les « Amis de Fès » dont le président d’honneur n’est rien moins que le Maréchal Lyautey. C’est la première association franco-marocaine ainsi créée. Grâce aux interventions d’érudits marocains et français, la renommée de cette association est bientôt si grande qu’elle sert d’exemple à de nombreuses autres villes ; elle contribuera à la prolongation de la renommée ancestrale de Fès jusqu’à sa reconnaissance par l’UNESCO de site classé au patrimoine de l’humanité.  Le vice-président des Amis de Fès, Paul Odinot écrit à propos de cette nouvelle association :

« Et si Marcel Vicaire a fait revivre le bain maure d’Ibn Abbed qui sans lui serait perdu pour toujours, c’est parce qu’il avait étudié les textes, c’est grâce aux révélations de ses amis musulmans.» Puis : « Les amis de Fès ont encore une autre tâche, c’est celle d’apporter leur concours sincère à l’œuvre de rapprochement entre les habitants de Fès et les Français liés par une amitié véritable.»[10] Rendons donc cet honneur aux Amis du vieux Saint Germain dont les objectifs ont servi de modèle à de nombreuses autres associations.

 

Souligner  la manière dont Vicaire a procédé c’est montrer l’efficacité de son action pour mener à bien son œuvre. Celle-ci a été reconnue par de nombreuses distinctions. En Tunisie  il reçoit  la  décoration du  Nichan Iftikhar au grade de  commandeur, au Maroc du Ouissam Alaouite au grade d’officier et en France  la Légion d’honneur au grade de chevalier.

 

 En 1958 non sans regrets, il quitte le Maroc et fait ses adieux à Sa Majesté le Sultan Mohammed V qui tente de le retenir. Mais Vicaire désire passer sa retraite en France. Il y retrouve Saint-Germain-en-Laye et l’association des Amis du Vieux St Germain.

C’est par les lettres de sa mère que Vicaire était resté au courant des évènements de l’association. Jeanne Vicaire avait vécu son enfance dans l’Hôtel occupé de nos jours par le Conservatoire de Musique, sur le domaine de Feuillancourt. En 1925, elle lui écrivait :

 « Les Amis de St Germain visitent samedi prochain « Feuillancourt ». A ce propos j’ai donné à Mr de la Tourrasse quelques renseignements. Mr de la Tourrasse est intéressé par ton projet de conférence sur les armes et il parait tout disposé à la prendre pour les Amis de St Germain. »

Une autre lettre en 1929 annonce l’exposition  présidée par  Maurice Denis, à propos de qui  J. Vicaire avait noté :

« il y a eu un repas à Perros-Guirec en l’honneur de Gabriel Vicaire. Ton frère Jean y a rencontré Maurice Denis qui a parlé de toi et de ton talent ».

 

Et c’est donc tout naturellement que Vicaire retrouve les « Amis du Vieux-Saint-Germain » et accède à la présidence de l’association en 1964. Pour elle, il donne des conférences, l’une sur Guillaume Tirel dit Taillevent. Une autre conférence titrait Un projet de Marochetti pour le tombeau de l’Empereur Napoléon I°. Dans le bulletin de l’Histoire de l’art français paraît sa communication A propos de deux dessins inédits de Théodore Chassériau représentant Alice Ozy, comédienne, égérie responsable de rivalités amoureuses entre Gautier et Chassériau.

 

A Saint-Germain, Vicaire se remet à la peinture et écrit pour sa femme et ses filles ses souvenirs. Nous désirions toutes connaître et conserver les anecdotes qui avaient émaillé sa vie dans notre pays natal, dont il ne parlait plus mais qu’il n’avait pas oublié. Et ce fut pour lui l’occasion de retrouver dans sa mémoire son pays d’adoption. Vicaire nous fait vivre avec humour les obstacles qu’il doit surmonter quand il arrive au Maroc et son enthousiasme à réaliser la mission que lui a confiée Lyautey. La mort ne lui laisse pas le temps d’achever ce texte intime qu’il n’avait pas l’intention de publier. Cependant son intérêt historique en justifie pleinement la publication. Monsieur Marc Fumaroli, de l'Académie française en a écrit la très élogieuse préface.

 

Vicaire, tout à la fois particulièrement respectueux des traditions et très moderne dans ses actions, s’est engagé corps et âme pour ce qu’il a cru le plus précieux, le plus juste pour le Maroc et les Marocains. Il était convaincu que la culture était le meilleur garant de la paix. Son œuvre au service du Maroc a été soutenue par Leurs Majestés le sultan Moulay Youssef et le sultan Mohammed Ben Youssef devenu Sa Majesté le roi Mohammed V et par les Marocains. Tous ont très bien compris ses motivations et sa passion pour leur pays, en l’honorant de leur estime et de leur reconnaissance. Il est très délicat dans l’existence de faire coïncider harmonieusement, amour de la tradition et besoin d’innovation. Vicaire a réalisé cet équilibre grâce à son infatigable créativité au service des arts et des personnes. L’association des Amis du vieux St Germain a été une source d’inspiration pour cette créativité. Du passé c’est le plus beau présent pour l’avenir que nous laisse Marcel Vicaire.

 

 

 

 

[1] Marcel Vicaire. Au Maroc, Feuilles d’Album, Paris, Henri Leclerc, 1922.

 

[2] Correspondance de Marcel Vicaire avec ses parents.

 

[3] Marcel Vicaire. Souvenirs du Maroc, Casablanca, Afrique-Orient, 2012.

 

[4] Allocution du sultan du Maroc. Banquet offert par la Population Marocaine Française et Indigène à M. le Maréchal Lyautey le 11 aout 1931.

 

[5] Docteur Jules Colombani. « Prosper Ricard 1874-1952 ». Cahiers des Arts et techniques d’Afrique du Nord, Horizons de France N°2. 1953. P. 13

 

[6] Marcel Vicaire « L’artisanat marocain », Bulletin de la Société Neuchâteloise de Géographie, Tome LI, fasc. 4, 1952-53

 

[7] Exposition des artistes marocains. Ministère  de l’Education Nationale de la Jeunesse et des Sports. Service des Arts et du Folklore. 1957

 

[8] Exposition des artistes marocains. ibidem 1958

 

[9] Marcel Vicaire Souvenirs. Page 102

 

[10] Fès et sa région. 3°Foire annuelle de l’artisanat. 1936.